mercredi, novembre 23, 2022

PORNEIA.

 PORNEIA



Elle


Je t’aime, je te mange, je te gobe, j’avale ta blessure.


Je t’aime, je te veux, je te jette, je remplis ta fêlure.


Je t’aime, je t’ai horreur, je t’ai pitié, je recouds ta déchirure.



Lui


La chair est triste, elle est sinistre et déchirure


Nous saborde, nous emporte dans les lèvres de sa blessure.


Nous spirale, nous  vertige, liquide noir des fêlures.



Eux


Nous naissons hérétiques, déviants, hybrides arborant nos fêlures


Nos yeux vairons, nos corps humides, taches de naissance, déchirures.


Nos nuits sans fin, nos verres sans fond, nos cendriers pleins de nos blessures.


samedi, février 19, 2022

Atelier Salammbô épisode 3

Les premières lueurs du soleil implacable n’allait pas tarder à nimber d’or pur les arêtes des minarets de la ville. Bientôt, retentiraient les appels du muezzin pour la sunnat al shob la première prière du matin. Allongée sur la paille fraîche, Valina avait retiré ses oripeaux. Je détaillais la perfection de son corps, ses pieds exquis comme des bibelots de porcelaine, ses mollets ronds, ses longues, cuisses fuselées, son sexe épilé au caramel, lisse comme un coquillage poli par le ressac, son ventre moelleux comme un coussin de satin, ses seins, enfin, lourds et fermes, ornés d’un délicieux bouton de rose. Sa bouche était renflée comme celle d’une enfant, sa chevelure dénouée rappelait celle des femmes au bain que l’on voit dans les tableaux vénitiens. Je me rapprochais d’elle, ôtais mes vêtements crasseux. Une cruche était à portée de ma main. J'humectais mes lèvres puis entrepris de faire boire ma compagne. Elle ouvrit ses yeux clairs, sortit sa langue rose corail, franchissant la délicieuse barrière de ses petites dents perlées. Je pris alors une gorgée d’eau dans ma bouche. La tête penchée sur elle, je posais mes lèvres sur les siennes satinées à souhait et entreprit de remplir sa gorge du liquide réchauffé par mon palais.

mercredi, février 16, 2022

Atelier Salammbô épisode 2

À la nuit tombée, je finissais de huiler la serrure de la porte donnant sur les remparts sud de la ville. Une fois la fiole dissimulée sous mes vêtements, j’introduisis la clé dans l’orifice avec précaution et la fis tourner sans un bruit. Silencieuses et souples comme des panthères, mes deux compagnes, Aichata et Valina me rejoignirent. Les seins bandés, délivrées de leurs voiles multicolores, la chevelure dissimulée sous un épais bonnet de laine, elles ne laissait rien paraître de leur féminité. Sur un de mes signes, la première s’engouffra dans l’ouverture d’où parvenait une odeur pestilentielle de boyaux en décomposition. Comme je m’apprêtais à franchir le seuil, je sentis une main implacable sur mon épaule, tandis qu’un ordre sec claquait à mes oreilles. “Arrête, femme.” La poigne qui me maintenait appartenait au Grand Eunuque, responsable sur sa tête du harem du sultan. Cette serre sur mon cou, me dégoûta au plus profond de moi-même, plus jamais je ne me laisserai emprisonner entre quatre murs. Je me retournai pour faire face . Je vis son visage se figer et se déformer en une grimace atroce. Sa bouche s’ouvrit et laissa jaillir un hoquet puis un flot de sang noir qui éclaboussa mes braies de grosses toiles. Lorsqu’il s’écroula dans le parterre de roses trémières, je sentis une main fraîche sur mon épaule à l’endroit où la serre du Grand Eunuque s’était naguère posée. “Viens” souffla Valina à mon oreille. Sans chercher à comprendre, je la suivis. Plus rien ne comptait que son souffle de vie à mon oreille comme un appel d’air pur. Nous plongeâmes, sans une hésitation, dans le tas d’immondices qui se trouvait derrière la porte. Des carcasses de moutons s’y décomposaient, exsudant une boue rougeâtre qui se mêlait à la paille souillée en un fumier malodorant. Déjà, des profondeurs du palais, retentissait l’appel à l’hallali. L’impensable s'était produit : des femmes avaient quitté le harem! Étroitement enlacées dans la fange sanglante, Valina et moi luttions pour ne pas nous y engloutir. Je ne savais pas ce qu'il était advenu d’Aichata, notre compagne. Soudain, un cri atroce de femme frappée à mort, monta de l’épaisseur de la nuit. Pas une seule seconde, je ne pus m’attarder à imaginer la chute du corps sur les marches de marbre, le gargouillis du sang remplissant peu à peu les poumons, et les mains battant faiblement l’air comme des poissons à l’agonie. Seul comptait le souffle précipité de Valina à mon oreille. Avant l’aube, les cris de la ville avaient cessé de résonner à nos oreilles. Cachées dans une réserve à sel du Mellah, le quartier juif de Meknès, nous attendions que nos complices viennent nous faire signe. Nous partirions et gagnerons le désert une fois la nuit tombée.

dimanche, décembre 26, 2021

Atelier Salammbô : épisode 1


                          






              C’était dans les jardins de Meknès, par une chaude après-midi d’été.


Les carpes dorées nageaient dans les bassins de porphyre. Leur bouches venaient caresser la surface de l’onde dans l’espoir d’être nourries par des mains aimantes. 

Je laissais mes doigts aller au fil de l'eau parfumée. Le murmure des oiseaux me parvenaient  depuis les hauts palmiers qui protégeaient ma retraite du soleil. 

Assise au bord d’une vasque, le regard perdu dans le miroir liquide qui se tendait vers moi, mes pensées
oisives me ramenaient sans cesse à la magnificence de ces jardins, orgueil du sultan. Dix ans s’étaient écoulés depuis que j'avais été capturée sur les rives de ma Géorgie natale. Je n’avais rien connu d’autre que cet enclos paradisiaque, flanqué de hauts murs que l’on disait infranchissables.

La chaleur nous écrasait moi et mes compagnes. Nous avions pour certaines pris refuge à l’ombre de ces immenses palmiers dattiers. Les autres restaient cloîtrées dans l’austère palais impérial, à l'abri des regards derrière ses fenêtres grillagées. Je fermais les yeux et m’imaginais à leur côté, dans les profondeurs du harem. Le hammam exhalait son souffle humide de bête somnolente. Les effluves de romarin, d’orange et d’eucalyptus enveloppait les formes onctueuses des courtisanes alanguies, leurs fronts perlés de sueur, leur chevelure opulentes dont chaque mèche avait été spécialement éclaircie, nourrie et parfumée pour la caresse d’un seul homme.


Après tout, pourquoi se préoccuper du lendemain.  Il n’y avait qu’à frapper dans ses mains pour voir apparaître sur un plateau d’argent une minuscule théière fumante accompagnée de pâtisseries fraîches.


Oui à quoi bon… Qu’importe le lendemain, qui ressemblerait à tous les autres jours, s’étirant paresseusement telle une liane au soleil. 

Pourtant, je n’avais que faire d’un autre jour passé à nourrir mon ennui de cornes de gazelle et de pastilla au lait, seule comptait la nuit. 

J’attendais impatiemment le lever de Tanit dans ses voiles ombreux. Une seule nuit, dans une seule vie, me disais-je, en refermant mes doigts sur la petite clé d’argent, que venait de me remettre l'eunuque que j’avais soudoyé.


A suivre


dimanche, mai 09, 2021

Tout pour se rendre intéressante...

 



Je ne connais pas la musique mais je connais la chanson.

 

« Tu fais tout pour te rendre intéressante » « Arrête de faire ton intéressante »

 

Bien sûr que je fais tout pour me rendre intéressante, qu’est ce qu’il y a de plus intéressant que de se rendre intéressante.

 

D’abord, je me regarde, sans cesse, dans les miroirs, les fenêtres, les vitrines, l’eau des flaques. Je vérifie que tout est en place, mon maquillage, mes cheveux, je prends les poses des mannequins blondes aux yeux bleus des magazines, je cherche mon meilleur profil. Je ne quitte jamais mon poudrier que j’ai volé au Prisunic des Cinq Avenues, je fais des retouches maquillage six fois par jour.

 

Et puis je chante en play back devant le miroir, je connais des centaines de chansons par cœur, je retrouve les paroles en anglais à l’oreille . Devant mon miroir, je chante avec ma brosse à cheveux, je danse en soutien gorge et short en jean, je suis Madonna et mon public est en extase devant moi. Un parterre de milliers de spectateurs. Un jour, je danse et je saute si fort que le miroir accroché dans le couloir tombe et se brise en mille morceaux

 

« Tu es encore en train de faire ton intéressante »


 

Je pleure, je pleure quand mon père m’explique les maths, je pleure quand le prof tape sur ma table au premier rang pour avoir le silence, je pleure quand  Marc me quitte dans le vestiaire de foot, je pleure à table le soir et les larmes tombent dans ma purée mousline. Je pleure partout et tout le temps .

 

« C’est pas fini la comédie ? »

 

C’est une chanson de Dalida … « C’est fini la comédie ». Je rêve de pièces à succès dans le décor tout bleu d’un théâtre de banlieue. Je rêve d’être remarquée par un réalisateur à la fin d’une projection. Je rêve, je rêve, je rêve

 

« Et allez c’est parti pour l’acte 3 scène 4, tu devrais monter sur scène ou écrire des pièces »

 

Carnets Pierrot Love, machine à écrire, je fais défiler des mots, je fais défiler des phrases, je m’invente une vie que je n’ai pas.  Mes rêves deviennent réalité sur un plateau… Avril 2018, je te retrouve Isabelle 13 ans, tu es enfin là, je te serre la main très fort pour ne plus la lâcher.

 

jeudi, mai 06, 2021

Best Witches



 Écoute. N'écoute pas. Penche-toi pour ramasser les mots. achète des carnets, achète des stylos. Ne donne pas tes disques, jamais.  Ne suis pas les beaux garçons un peu tristes.  Jette ton pinceau à maquillage. Mets des crayons de couleur dans ta trousse. Cache tes secrets. Livre-les à tout le monde. Résiste. Mets-toi en colère.  Construis une cité de verre. observe les gens à la jumelle. Exile-toi par la porte méridionale.  Marche vers la mer et offre ton ventre aux vagues. Laisse-toi porter. Laisse-toi flotter. Regarde La Croix du Sud flamber au-dessus de ta tête. Respire l’odeur du sel.  Scrute les abîmes. Cherche la sorcière. Suis la mousse sur les arbres. Cogne à la porte de sa cabane. Aspire le sang de la blessure d’un loup. Essuie ta bouche d'un revers de main. Montre les dents.  Accouche dans un tipi. Annule  le sortilège d'invisibilité. Deviens animale, deviens végétale deviens fente sur une pierre. Egare-toi dans les forêts profondes, je te suis. 

mercredi, avril 14, 2021

Duck and cover !

Si toi aussi tu as passé ton enfance à écouter des 45 tours et porté des pulls en acrylique orange ce post est pour toi!

Une chambre, tapissée de motifs floraux roses et verts. Moquette de couleur non identifiée, plutôt dans les jaunes. Au centre de la pièce, sur un petit fauteuil bas en plastique blanc qui colle aux fesses, une petite fille, robe bleu canard sur sous-pull en acrylique orange est assise. Elle écoute des disques 45 tours dans un appareil orange également appelé mange-disque et sur lequel on lit l’inscription « Pepito ». A ses pieds, des pochettes illustrées de ces 45 tours, on lit des titres  de contes Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, la Petite Sirène et celui qu’elle est en train d’écouter, Le Vilain Petit Canard. La pièce est envahie par la musique de Tchaïkovski  Le Lac des Cygnes, et lorsque je rentre dans la pièce, elle est en train de pleurer à chaudes larmes.

« Ah, ben, voilà. Mon Dieu, je supporte pas quand les gosses pleurent. T’en as pas marre de toujours pleurnicher sur le même passage : quand le Vilain Petit Canard se transforme en beau cygne, non mais sérieusement ? »

« Vous êtes qui ? Et comment vous êtes rentrée dans ma chambre ? »

« Je suis qui ? Ma foi, je suis ta bonne fée, qu’est-ce que tu crois ? »

« Ma fée ? »

« Ben oui, une bonne fée, comme dans les contes quoi . T’en écoutes pas assez comme ça ? »

« Heu, excuse-moi mais les fées elles sont pas comme toi. Elles sont blondes, avec des grands yeux bleus et une robe transparente qui brille, elles sont pas en jeans.  Et puis elles sont jeunes, t’as l’air vachement vieille, t’as au moins un million d’années. Et puis elle est où ta baguette ? »

« Sale petit cafard, tu t’es regardée ? On dirait, un singe avec tes 30 kilos et ton mètre douze ! T’as toujours les lèvres bleues quand tu vas à la piscine ? Et puis t’es toujours la chouchoute de la maîtresse le nez dans tes bouquins, t’as toujours pas d’amis, on te tire toujours les tresses à la récré ? »

La petite fille se met à hurler.

« Bon, allez voilà la sirène des pompiers. Mets-y un bouchon, merde. Tu me casses la tête. Ça va, j’avoue, je suis pas une fée. Je suis mieux que ça : j’ai un scoop pour toi. Enfin pour moi. Je suis toi. Et tu es moi. T’es contente ? »

« Je suis moi ? J’ai rien compris . Et non je suis pas contente »

« Je suis toi, dans quarante ans. Je viens du futur. Oui bon, je sais, mais regarde pas que le physique. La bonne nouvelle c’est que dans quarante ans, tu seras encore vivante, ça c’est déjà vachement bien. Et puis, je fais le plus beau métier du monde ! »

 

« T’es vulcanologue ? Tu t’es mariée avec Haroun Tazieff ? »

« Heu non pas vraiment. »

« T’es pas devenue prof au moins ? »

« Oui, aussi mais pas que. Je sais on avait dit jamais prof, mais je suis prof de théâtre : ça jette non ? »

« Heu, mouais. »

« Et puis, j’écris mes spectacles. Le premier mettait en scène une version plus jeune de moi-même, à treize ans, avec les mecs, l’amour tout ça. Mais bon sept ans, c’est pas mal aussi, on est pas plus heureux dans une cour de récré à sept ans qu’à treize de toutes façons. »

« Tu écris ? Moi, aussi j’écris, enfin je commence. Mais on me marque « sale » sur mes cahiers et je sais pas colorier sans dépasser. Tout le monde se moque de moi. »

« Bon, alors là : hyper bonne nouvelle, ça va s’arranger. D’ici trois ans on va t’offrir une machine à écrire, une Underwood bleue et blanche. Elle marche plus mais je l’ai encore. Et puis on va t’offrir des tas de carnets avec des cadenas, des cœurs, je sais moi, des trucs nunuches soi-disant de filles. Et tu continueras à écrire, tes textes seront dans des disquettes, des clés USB, des clouds. Et alors, on en aura plus rien à faire des cahiers avec marqué « sale ». »

« J’ai rien compris »

« C’est pas grave. Tu verras plus tard. Je suis devenue autrice, auteure, écrivaine quoi ! Ha merde, ne dis pas ça à la maîtresse, tu vas te faire engueuler. »

« Mais je m’en fous de ça. T’es artiste ou pas ? »

« Oui, enfin si on veut. J’enseigne le théâtre, tu vas pas tarder à commencer à prendre des cours d’ailleurs. Tu joueras un schtroumpf, un géant aux chaussettes rouges et une étoile triste. Bref, oui j’enseigne, j’écris, je mets en scène mes textes et je joue aussi. »

« Tu passes à la télé ?»

« Heu, non. »

« C’est nul. »

« Ben, ça s’appelle une vocation, ça vient de vocare, en latin, ça veut dire appeler. Tiens, tu pourras faire la fayotte avec ça. Et puis c’est pas plus nul que d’écouter des contes nunuches avec des princes charmants dans tous les coins.  Moi, dans mes histoires, je leur arrange la gueule au Prince Charmant, à la Belle Princesse et au Grand Cygne Tout Blanc, t’inquiète qu’ils regrettent pas le détour. Et puis, hop, ça commence ici l’éducation, ça suffit d’écouter les conneries des autres, maintenant tu écriras les tiennes, avec des femmes fortes qui ont pas besoin des hommes pour exister. Elles seront body positives à mort avec des poils et des vergetures, non mais et elles auront cinquante ans et elles kifferont leur ménopause. »

Sur ce, je réduis les quarante-cinq tours en miettes en les piétinant et je m’enfuis en courant pour ne pas entendre les vagissements de la petite fille.

 


samedi, avril 27, 2019

Waiting for the man



. Place Henri Verneuil, vendredi 26 avril 2019 15h52.

I m waiting for my man
26 dollars in my hands

Je sors du théâtre, j’ai pas de soutif. Mon soutif me faisait mal tout à l’heure, je l’ai enlevé, je porte des soutifs depuis que j’ai treize ans, j’en ai marre. Y a un mouvement qui s’appelle le “no bra”, genre libérez les tétés, no soutif quoi, voilà je suis “no bra “les gars, deal with it, rock’n’roll, ça y est je viens de rejoindre le collectif des rebelles de la bretelle, je me sens une nouvelle femme.

Up to Lexington, 125
Feeling sick and dirty
More dead than alive.

Un attroupement devant le Silo. Que des meufs ou presque, avec soutif je crois. Je vais les interviewer, leur demander ce qu’elle pense du mouvement “no bra”, peut-être qu’elle veulent libérer leurs tétés avec moi.

Elles me regardent, je les regarde, elles me regardent, je les regarde, je leur demande ce qu’elles font là, elles disent qu’elles attendent Patrick Fiori.

Hey, white girl what you doin’ uptown?
Hey, white girl, you chasin’ our man around?

Il y a un concert ce soir, je dis que je vais attendre avec elles, elles me disent si tu veux.  Elles viennent de Toulouse et même de Lyon pour voir Patrick Fiori, elles y vont ce soir, je dis merde c’est con je peux pas, je vais voir un spectacle à la Joliette, c’est con parce que ce matin j’avais pas d’engagement pour ce soir mais là c’est mort, je vais voir “Tumultes” de Marion Aubert, y a plus de places en plus c’est archi-complet, on m’a mis une place de côté, je peux pas m’échapper même pour Patrick Fiori. La fille de Lyon me dit c’est pas grave y a des places pour demain, mais là c’est encore plus con parce que demain mon fils n’est pas là, il dort chez sa nana, alors j’aimerais bien surfer sous couette avec un beau gosse et une bouteille de champagne mais peut-être que je peux embarquer Patrick Fiori après le concert, on sait jamais, il est corse comme moi, il a 49 ans comme moi et si ca se trouve on se casse ensemble, il y a le Paglia Orba à quai derrière le Silo, on le prend et on tire droit devant.

Oh pardon me ma’am, it’s the furthest thing from my mind
I’m just lookin’ for a dear,dear friend of mine.

Je dis rien aux groupies, on sait jamais, elles peuvent me ligoter et me jeter dans le bassin de carénage. Je continue à faire semblant d’envoyer des textos pour avoir l’air anodin  et bim, j’en reçois de vrai, de texto, un type de Paris qui veut que je le loge demain soir, j’ai qu’un lit, il va vouloir dormir avec moi et plus si affinités, merde il va me foirer mon plan avec Patrick Fiori. En plus, je sens qu’il va y avoir de la concurrence, paraît qu’il faut courir pour être au premier rang, je me sens démotivée, sans soutif, la course c’est pas aisé quand on fait du 90F, même si c’est F comme Fiori et c’est le dernier concert de la saison, les nanas du Silo font tous les concerts du Grand Sud, elles doutent de rien, elle sont rodées, je sens qu’elles vont me laminer, même s’il paraît que Patrick est sympa quand il est pas débordé, donc je fais des équations dans ma tête avec des tas d’inconnues et j’en conclus que c’est quand même plus simple de loger le gars de Paris que de serrer Patrick Fiori et puis, j’ai plus que dix pour cent de batterie et ça me fout des palpitations, je vais plus pouvoir faire semblant d’envoyer des textos. Je lâche l’affaire, tant pis pour Patrick, on aurait pu vivre quelque chose de vraiment beau tous les deux avec du sexe torride et du champagne sur le Paglia Orba, parce que je préfère l’amour en mer c’est juste une question de tempo, mais bon voilà, il en saura jamais rien, c’est l’heure de rentrer au théâtre et de remettre mon soutif.

Here he comes, he’s all dressed in black
P.R. shoes and a straw hat
He’s never early, he’s always late
First thing you learn is you always gotta wait.


samedi, février 18, 2017

BARBARE BORDELLO

Comic Strip Tribute Song.




Duran Duran la nuit
La machine excessive
Me saisit, me lessive
Et elle m'appelle Jolie
-Jolie. La Reine Noire
De Sogo me jette au
Labyrinthe, Pygar
Is waitin'. Ange aux
Ailes rognées, yeux crevés
I flee les requins de l'air
Barbare est là, sauvée
Angel super power
Later I, I, meet Lio
Avec l'Orticario
Dieu Sablier son Temps perd
Le Mange-Minute
Burstin' out his anger
Lio m'aime je dis chut
Je fonce voir Narval
Lui faire l'amour au fond
Du Lac aux Animales
Lui greffer des poumons
Le tirer de l'onde
I'm his lovin' blonde.



dimanche, novembre 13, 2016

MAINOMENOS


There are dreams you can hardly shake off
Days and nights you can hardly let go without squeezing gold out of them.
I'm a water woman, made of rain and mist. This very rain I tried to hold before the moment I surrendered.
Ananké drove me to an icy land, leading the way to a wet forest. Ineluctable necessity whose footsteps I willingly followed.
Cold took hold of me the moment I stepped into his world, touching his hand, smooth as glass and cool as snow. This hand I took under my coral feathers to warm it up, the very coral taken from my sea swimming its way to his neck and settling on his reef.
Looking for his abandonned hand in the night again, the fingertips made to hit the right the key and the silky rosy arms where entertwined blue veins reminded me of some mysterious long-forgotten undergrounds. Cold again, as I contemplated his long slender body stretched under the cover, barely moving not the break the spell. Above him, I was breathing the intoxicating smell of the forest , above these child-like features, the rounded forehead, the swollen lips, taking as much as I could
before dawn hurt us both. Then, a giggle in the dark shook us off from sleep.
There were magnetic fields we had both trodden upon with earthly feet. My head on the pillow, the wet red -soiled forest was all around me again with its dewy smell. We weren't alone, the truth was down there, in the eyes of long-gone Gods, their names chanted as we walked up the sacred path, Mercury, the Deer God and the furious Mainomenos. We flew over the stone temple, a red-eyed roaring insect peeping at us in the haze. My rain suddenly started to fall and I woke up a woman.
Night again, clung at these arms' length again, his violent desire so mute and restrained, my body split, wrung by the opposite powers fighting inside . Cold was biting my skin and then I felt the dark swell of pleasure coming up, washing the reef, I let a barely human cry and then fell myself expelled from his body and mine . And there he was, Mainomenos, the Roaring God glaring his scarlet eye at me, burning me with his beastly breath. The room was filled with his feverish smell as I was swiping his scorching body, set ablaze with an everlasting desire. There he was, the immortal Saviour, the heroic and powerful Beast and there was nothing beyond the Beast, as Mainomenos was now feasting on our shivering remains. The Great Mother kissed our foreheads with her smouldering lips as we sunk into the depths of the forest again.



mardi, novembre 01, 2016

MAINOMENOS-ANANKE

MAINOMENOS. Cy Twombly.



 Il est des songes dont on ne veut pas se réveiller. Il est des jours et des nuits qu'on ne veut pas lâcher sans extraire l'or, l'essence d'un corps. Mon corps, mon âme sont faits d'eau, j'ai tenté de retenir mon âme comme de retenir mes larmes avant de rendre les armes. Ananké m'a prise par la main pour me conduire dans une terre embrumée. Ananké a  guidé mes pas dans une forêt mouillée . Ananké, nécessité inaltérable, fatalité. Le froid m'a saisie dès que j ai mis les pieds dans son univers . Premier contact d'une main glacée prise sous mon aile pour la réchauffer. Mon plumage avait la couleur d'une écharpe rose dragée, parfumée, souple et douce enroulée sagement à son cou désormais . Dans la nuit, cette main je l'ai cherchée, cette main abandonnée reliée à un grand corps . Les terminaisons des doigts longilignes faits pour frapper la note juste me fascinaient, tout comme me fascinaient ces bras soyeux couleur de rose où s'entrelaçaient des veines bleues comme des souterrains dans des bois inconnus.  Corps étendus sous les draps, morsure du froid encore. Contempler le front lisse, la pureté du profil, la bouche mi-close un peu renflée dans la candeur du sommeil,  ne  pas le réveiller,  ne  pas  le briser , juste le regarder, ne pas lâcher l'or, avant le mal d'aurore. Et soudain, dans le sommeil, le tintement d'un rire. Laisser mon esprit divaguer dans ces champs magnétiques ensemble parcourus . La tête en arrière sur l'oreiller, l'humidité de la forêt, l'odeur de la terre, la terre rouge, les arbres  verts, nous n'étions pas seuls, la vérité était là bas . La vérité s'est élancée dans l'oeil de Dieux Antiques, Mercure, Mainomenos, le Rugissant et Cernunnos le Grand Cornu. Voyager au dessus du temple de pierre, les yeux rouges de l'insecte vrombissant à travers le brouillard. Chemin dans la brume, Tmolos ou Thor, pluie j'étais, femme je suis devenue.
La nuit encore, à bout de bras portée, violence du désir tenu de l'homme,  corps tordu, broyé sous les impulsions contraires, froid mordant, enveloppant, sentir monter  la sombre vague du plaisir . Corps-océan roulant sa masse opaque, cri inhumain déchirant la nuit, projetée  en avant, éjectée  de lui et de moi-même, Mainomenos, soudain,  me contemplant de ses yeux étincelants et me brûlant de son haleine. Sauveur, chargé d'immortalité, la Bête héroïque et puissante, et plus rien au delà de la Bête, au Rugissant abandonnée. Odeur de fièvre, sueur ruisselante, odeur chaude, essuyer son corps constamment surchauffé.  Etreinte de l'angoisse du monde, sanglots contenus lorsque encore en état d'épuisement  le désir nous rattrape. Ceridwen brûle nos fronts de son
baiser et  nous engloutit dans le sol glissant de la forêt pour y renaître à jamais.
Ananké, nécessité inaltérable, fatalité.

samedi, avril 25, 2015

Souvenirs du 8 mai 1945 par Jean, fils de Marius, prisonnier en Allemagne.


Une fois n'est pas coutume le texte n'est pas de moi mais de mon père qui décrit ses souvenirs de la Libération. 

mai 1945

Le 8 mai la France éclate de joie. Il n’en est pas de même pour ma mère et pour moi. Mon père est prisonnier. Notre dernière rencontre (brève) s’est effectuée sur le quai de la gare Saint-Charles, lors d’une halte du convoi qui emmenait son bataillon de chasseurs alpins vers  une «destination inconnue» (relever les combattants de la ligne Maginot nord-est). C’est la dernière fois que ma mère et moi l’avons embrassé.
Depuis 5 ans, nous n’avons plus eu, avec mon père, que des contacts écrits, sur des imprimés fournis par l’état et soumis à la censure. Ma mère lui expédie des colis dont le nombre est rationné. Elle fabrique des conserves serties par le ferblantier du quartier. Ces conserves seront percées d’un coup de baïonnette lors de leur arrivée au camp de prisonnier afin d’être obligatoirement mangées dans les plus brefs délais.
A la suite du débarquement allié, le courrier passe de plus en plus mal. Depuis la chute de Hambourg où se trouve le stalag X B de Sandbostel, nous n’avons plus aucune nouvelle. Nous sommes inquiets ! En ce jour de liesse, après 5 ans d’attente, une issue fatale serait pour nous horrible.

Pour fêter ce jour, le service du ravitaillement à fait les choses en grand. La boulangerie de mes grands-parents à la Croix Rouge a reçu de la farine « blanche », de la margarine, de la poudre de lait et d’œufs, du sucre afin de fabriquer les « gâteaux de la victoire ».
Toutes ces denrées sont à récupérer au service du « Contrôle économique » rue Pierre Dupré (les tickets de rationnement existent toujours). Pour aller charger les colis, tous les véhicules sont autorisés à circuler. La vieille B 14 Citroën de la boulangerie qui a passé 5 ans camouflée sous des fascines sensées chauffer le four, peut circuler. Son réservoir en tôle s’est rouillé, le carburateur s’encrasse tous les kilomètres. Il faut s’arrêter, démonter l’arrivée d’essence et souffler dans le tuyau afin d’extraire les impuretés.
Qu’importe, les gâteaux seront fabriqués et vendus sans tickets et à prix coutant.

Ma mère commise de la boulangerie ne participe pas à l’enthousiasme des clients.

En effet, cette photo de chez Falcone résume assez bien ce qu’a été notre sentiment pendant ces 5 longues années.

Je pense que de nombreuses familles de prisonniers ont fait faire ce cliché.

Ces photos étaient envoyées au stalag pour soutenir le moral des prisonniers et montrer que malgré la séparation, l’amour et l’affection des proches demeuraient.

Ma grand-mère Marie, Mon père Jean. Ma grand-mère Marie

La valise de prisonnier de Marius, mon grand-père peinte par lui-même.


A cette photo, répond la peinture sur la valise en bois de mon père que nous avons découvert lors de son retour.



25 mai 1945. Depuis plusieurs soirs, nous espérons  le retour de mon père.
 En effet, les premiers trains de prisonniers libérés arrivent en gare Saint Charles.
Si la majorité de ces retrouvailles se passent en embrassades, il y a des querelles, des heurts. 5 années d’éloignement créent souvent des situations de rupture. La force publique a jugé bon de limiter l’accès du public aux quais de la gare.
Nous sommes venus plusieurs soirs de suite, nous avons  la chance de connaître un client qui est factionnaire à l’entrée, ce qui facilite les choses. Nous sommes donc sur le quai avec ma grand-mère qui elle aussi attend son cher fils. Les parents et amis n’ont pu entrer.
Soudain, un train entre en gare, des visages apparaissent aux portières, ma mère sourit et crie : « Il est là ! ». Mon père descend, il a les traits tirés, amaigris, il flotte dans sa capote gris-verdâtre où dans le dos sont inscrites les lettres KGF. Il embrasse longuement ma mère puis la sienne, il se tourne vers moi et ma mère me dit : « C’est ton papa ! » Je suis interloqué, je ne suis plus « Fils de prisonnier », je suis un garçon comme tous mes autres copains qui se font gronder par leur père lorsqu’ils font une bêtise.
Nous sortons de la gare, mes oncles, leurs épouses, les cousins et cousines sont tous là pour l’accueillir. Mon père est ébloui par la tenue des femmes. Il a quitté la France à l’époque de la « Garçonne », il retrouve des coiffures aux « mises en plis » impressionnantes, des robes  et jupes raccourcies, des bas de nylon que les américains ont apportés. Il est loin des « gretchens » de Hambourg.
  Nous montons dans des voitures pour rejoindre la boulangerie de mes grands-parents. Je suis dans une Celtaquatre Renault entre mes parents. Notre famille est enfin réunie.

dimanche, mars 29, 2015

Julia à AB : vostè necessita

Cher AB

Je sais que vous vous plaignez de ne pas pouvoir vous procurer « l'Ombre de l'Eunuque », de Jaume Cabre . Ne me demandez pas comment, l'omniscience fait partie de mes attributions, je dois composer avec et croyez-moi ce n'est pas forcément facile tous les jours. Je suis au courant de vos réclamations auprès de l'auteur et je vous soutiens dans ce combat cher AB. Il faut absolument rééditer cet ouvrage car mon personnage , Julia, féminine, féministe, post-moderniste et anticléricale est des plus intéressants. Je suis personnellement ravie de ma (sa?) carnation parfaite, de l'ébène de mes cheveux, de ma taille déliée et de ma dentition régulière. De plus, M. Cabre m'a faite docteur honoris cosa en littérature post-moderne. Ma thèse porte en effet sur les occurrences des consonnes plosives (phonèmes /p/, /t/, /k/, ) dans « Cap au pire » de Samuel Beckett. Vraiment, je ne saurais que féliciter Jaume pour avoir su composer un magnifique personnage de femme catalane.

C'est là que vous pouvez voler à mon secours, cher AB, le livre étant malheureusement en rupture du stock, je me retrouve provisoirement sans emploi, la crise étant ce que vous savez en Espagne. C'est là que je dis, hardi, AB ! Podemos ! Jetons nous à l'eau sans autre forme de procès, je veux être votre prochain personnage ! Tout est livré clefs en main, la construction psychologique, la description physique, le passé trouble et la focalisation interne !J'ajoute que la métalepse ne me fait pas peur , je sais que vous en êtes adepte. L'incarnation pourrait avoir lieu dans la psyché de votre chambre et je pourrais par exemple laisser l'empreinte de mon visage sur votre oreiller ? Qu'en pensez-vous ?
Ne soyez pas timide, je veux être à vous, prenez-moi là tout de suite cher AB, couchez-moi sur votre Document Word SansNom1, vous ne le regretterez pas. Il me tarde que vous resserriez les entraves de votre graphie méticuleuse sur moi.


Votre (futur?) objet littéraire


Julia.



dimanche, mars 01, 2015

Julia Jaume Barcelona. M'en vaig.



 Nouveau texte inspiré des personnages de l'Ombre de l'Eunnuque de Jaume Cabré.



Si tu trouves cette lettre, c'est que tu auras comme à ton habitude fouillé mes poches et mes tiroirs. Tu auras sans doute ouvert le tiroir du chiffonnier en ronce de noyer qui contient ma lingerie, soulevé mes culottes en dentelles blanches, celles décorées de 3 perles miniatures au niveau du nombril, constaté qu'il en manquait quelques unes. Peut-être auras-tu poussé le vice jusqu'à inspecter ma boite de tampons hygiéniques, j'en ris à distance, toi qui a toujours méprisé ce que tu appelles avec dégoût « les menstruations. » .


Du chiffonnier tu seras donc passé au miroir à trumeau de type « Berlioz » décoré de motifs en résine moulés. Ce miroir que tu m'accusais d'user chaque matin, on aurai cru entendre mon père : « Julia, arrête de te regarder dans la vitre de l'horloge, dans le pied de la lampe 1930 , dans la louche en argent. » mais MERDE, qu'est ce que pouvait vous faire à toi et à lui ?

Tu l'auras donc trouvée cette fameuse lettre , griffonnée au bic noir sur du papier jauni (il n'y a décidément rien de neuf dans cette baraque ) coincée entre le mur et ce fameux miroir. Et puis tu l'as sans doute deviné maintenant, je te quitte. Bien sûr, j'aurais pu te donner des explications ce mati mais j'ai préféré partir sans discussion. Tu m'aurais sans doute à nouveau reproché mes réponses laconiques, mon incapacité à me concentrer sur une vraie relation, mon mutisme. Aujourd'hui c'est fini. Je vous ai tous supportés mon père, toi, les curés, avec vos diktats et vos impostures. C'est terminé.

C'est hier soir que j'ai compris. Dans ce restaurant minable où ta légendaire pingrerie nous a fait échouer, enfoncés dans cette taule du Bario Gotico, où tout était déprimant, du papier tue mouche descendant en zigzag du plafond, jusqu'aux motifs a carreaux des nappes trouées par les cigarettes. L'odeur du graillon se mêlait aux effluves de ninas.
Je t'ai regardé étudier la carte dans ses moindres détails, tu as longuement hésité à commander une bouteille de mauvais vino tinto qui râpait la langue. J'ai eu le sentiment très net d'être épiée, sans doute redoutais-tu que je demande le plat le plus cher. Tu m'as d'ailleurs fait remarquer qu'une media racion de boles de picolat suffisait largement. Je me concentrais sur les taches de café du menu pour ne pas voir tes dents jaunies par le tabac, ta peau grise et tes cheveux gras.

C'est à ce moment là que j'ai su que je ne pouvais pas continuer. Tes déprimes à répétition, ce spleen que tu traînes à longueur d'année, sans qu'on en connaisse le pourquoi du comment, je ne le supporte plus . Tes airs prétentieux m'indisposent aussi lorsque tu prends tes poses de vierge effarouchée pour me traiter de sale gosse gâtée et embourgeoisée.

Je suis donc partie ce matin, tu ronflais encore. Tu as juste bredouillé de remonter des Ducados pendant que je zippais ma robe de laine noire devant la psyché  et fardais mes lèvres de Rouge Baiser.

Sans doute es-tu en train de regretter tout ce temps perdu mais il est bien trop tard. Lorsque tu liras cette lettre, je serai déjà loin.



Julia.

mardi, juillet 08, 2014

Yes Future? Ma vie avec...

Salut à toi et mort aux cons. Bérurier Noir
9 Tweets en hashtags.

1 #Lycéemichelet. #Manifs. #Touchepasàmonpote. #MalikOussekine.
2 #Concert. #Pogues. #ThéâtreduMoulin. #chanteurbourré. #Marseillaisesifflée. #Doigtslevés.
3 #Canebière. #Maniftricolore. #Punkàcrête. #Cultorchéavecdrapeaufrançais. #Skinheads. #Course. #Bouteille. #Tesson. #Cicatrice.
4 #Elections1etour. #Texto. #Vote PS . #BulletinUrne. #Derniermoment. #Inutile.
5# Elections1e tour. #10 pour cent . #Identiténationale. #Karsher.
6 #Elections. #25 %. #1er parti. #Putain30ans.
7 #Fournée #divorce #communication.#Assez.
8 #Arturo Ui . #Brecht. #ventrefécond. #Bêteimmonde.
9 #Ionesco. #MèrePipe. #SoupePopulaire. #Pasdeloie.

samedi, novembre 23, 2013

Le credo de l'assassin (Assassin's creed)

Un pur produit d'atelier d'écriture, écrire un texte théâtral à partir d'une image et d'une réplique. J'offre ma reconnaissance éternelle à qui saura débrouiller l'intertexte et décoder les références.

Image : Stanley Kubrick

Plateau nu. Edwina est en scène à la face, coté cour, l'air terrifiée. Derrière elle une toile où sont projetées deux silhouettes en ombres chinoises. La silhouette féminine ressemble fortement à Edwina, la silhouette masculine est armée d'un fusil, semble-t-il et tient la femme en joue. Le jeu des ombres durant la scène devra être être de type expressionniste et distillera une sourde angoisse qui ira en s'accentuant. En fond sonore The Animals de Kat Onoma qui s'interrompra aux premières répliques d"Edwina.
Edwina
Où est mon derrière? Pas sur le siège. S'asseoir n'est pas constitué si le derrière est en l'air.
Un temps. Derrière Edwina, l'ombre de l'assassin vise désormais l'arrière du crâne de la femme.

Edwina
 Pas de siège (se retournant). Pourtant mon derrière est bien derrière et mon manque d'assise renforce ma mentalité d'assiégée.
Se dirige à jardin, l'ombre de l'assassin se rapproche dangereusement de l'ombre de la femme. On perçoit un ricanement.
Edwina
Il y avait autrefois, ici, des parterres d'iris, des buissons d'aubépines, des bassins enchanteurs. Les jardiniers taillaient les ifs du labyrinthe. Aujourd'hui tout est enfoui sous la neige.
Ricanement, l'ombre de l'assassin fait désormais face au public. Edwina se retourne vers elle.
Edwina
De quelque côté l'on se tourne, on ne peut se détourner de Lui. Il m'a ramenée sur le droit chemin et marche désormais à mes côtés.
L'assassin pousse un mugissement de taureau. La silhouette de la femme se recroqueville terrifiée. La tête de l'assassin est désormais surmontée d'une paire de cornes.
Edwina
Derrière moi, se trame un drame mais je ne suis pas prête à partir les pieds devant, Révérend.
Soudain l'assassin fend la toile de ses cornes. Sa tête passe à travers. Son regard n'a rien d'humain.
Edwina
Jack! Tu es fou, tu n'as encore rien écrit aujourd'hui.
Jack s'avance en soufflant l'air par ses narines. Il s'avance vers Edwina très lentement alors que la musique reprend. Noir.

samedi, mai 18, 2013

PYGAR.

Design by Ivan Sly





Finist Fier Faucon Plume Bigarrée
Baiser parfum mangue
Sur le bout de ma langue
Sur la mienne quand ton goût la délie
Pleins et déliés
Langue sur la lagune
Langue de sable vient lécher l'île
Lécher mon IL
Tracer la boucle du L
de ton Elle
du double Elle
Prends moi sous ton aile mon île
Sous tes plumes d'ange
L'île est d'eau, l'eau pour IL
O Ys, mon île engloutie
Du haut de ma libido
Elle est l'ilôt de mon délire
J'adore ton histoire d'eau
De la mon eau, mon au-delà
Lorsque tu poses ta langue sur le haut
De mon clit, oh!
Dans la ola ou les olés
Je ne sais plus où elle est
Dans le combat ou la mélée
Je ne sais plus où aller
La pluie d'or tombe fort
Tes doigts sur le clavier, la plume sur le papier
Tes mots en moi , pénétrer l'oreiller
Dors et déjà l'aurore nous sort en dehors du silence d'or
Bouche d'argent, baiser
Les lèvres de mon bien-aimé
Ma joue sous son aile froissée
J'entends bruisser ses plumes, aile bigarrée
Etre ange, mon ange
Or je le sais d'ores et déjà,
L'oreiller est mon support
A ton port je m'attache
Je suis ton île mon IL, ta plume peut jeter l'encre.

vendredi, mai 10, 2013


Incisives Initiales
Atelier de mai, inspiré par Gherasim Luca.

Design by Ivan Sly

Calligraphier le nom, les lettres, les “l”, la boucle du “l”, du double “l”, du double elle, du double jeu, du double je.
Plume d'ange couchée, couchée dans ton lit, lis en moi, mords les mots, les maux de tête, les maux de dents.
Break a code, break a leg, casser le code du mode, du mode, du mot de passe, audace de ta langue quand tu suces le mot de passe.
Poussière d'ange, mordre la poussière, tracer les lettres, effleurer les mots.
Tomber comme une mouche, tendre bouche, bouche à croquer, bouche à manger, manger le mirage, manger le point G.
Manger, marcher, marcher, marcher, marcher sous la pluie, marcher sous la cascade, la cataracte, battre le pavé, marcher sous la pluie qui bat le pavé.
Répéter, répéter, répliquer la réplique, répliquant la répliquante
Fluides magnétiques, relais, terminaisons, désir synthétique, mémoire de la peau, de la plume, implants, implanter l empreinte de la langue déliée.
Oreille, oreiller, entendre, écouter les râles, les soupirs, les cris, mordre la peau, mordre l'oreiller.
Etre la, être à l'instant, être présente à l'instant présent, à présent être l'amant, être l'aimant, être le présent, être l'aimante, aimanter l'aimant, aimanter l'amante.
Se retourner, yeux révulsés, se retrouver devant l'arbre à thé, être à l'instant, être au présent, thé à l'amante, amante avide. Théâtre, mise en scène, scène de vie, le monde est une scène, une scène sacrée, une sacrée scène.
Aimanter le corps, aimanter le coeur, le coeur sacré, le corps tatoué, le coeur enlancé, enlace moi quand je meurs mon amant tatoué, mon amant élancé, élance moi, élance moi le corps, la plume dressée, tresse mon désir, désire ma détresse.

mardi, janvier 22, 2013

Deaf penalty.


Atelier d'écriture  :  polyphonie téléphonique.


Rien au monde ne le fera changer d'avis. Je ramasse mon jean, mon tee-shirt et mes bottes. Il y a longtemps qu'il s'est rhabillé. Il joue avec son Iphone. Je ferme mon blouson, prends mes clés, oublie mon sac, il me le fait remarquer. Il m'a devancée dans le couloir. Nous montons dans la petite voiture grise, claquons les portes sans échanger un mot. Mes doigts anesthésiés ont du mal à la démarrer. La pluie tombe en rideau, toujours pas un mot. Machinalement, il examine les boîtiers des CDs vides. Ses yeux sont transparents. Sur le pare-brise, des nappes d'eau s'abattent en cadence. Voilà, déjà la bouche de métro. Ma bouche à moi est close, mes dents serrées. Il est sorti en trombe, je démarre.

C'est moi, il est parti. Je te rappelle, je te réveille? Non, tu as réveillé Jérôme, rendors-toi bébé. Je suis désolée, il est parti, c'est fini. Quoi? Oui, c'est fini, il m'a quittée. Pour de bon, cette fois? Oui, oui, pour de bon, il ne changera pas d'avis, c'est fini. Mais la semaine dernière, il dit que c'est mieux, pour lui et pour moi. Comment tu te sens, je ne sais pas, je ne sens rien. Quel connard, il t'a jetée comme çà, sans préavis, non on s'est disputé toute la journée, il t'a baisée avant? Oui, quel connard, la classe intégrale, il arrive, il te saute, il te quitte? Attends, j'ai un double appel.


Le kit main-libre glisse de mes oreilles, la voiture saute de plaque d'égout en plaque d'égout. J'ai heurté un trottoir.


Putain, tu nous as réveillés, on savait plus ce qui sonnait dans la chambre. Il m'a quittée, quoi? Il dit toujours çà , il ne le fait jamais, la semaine prochaine vous êtes à nouveau ensemble, et puis tu voulais le virer, rappelle-toi, tu avais préparé le texto. Si c'est fait, j'ai un double appel, merde je me suis trompée de bouton. Qu'est-ce-que tu fous, tu m'as raccroché au nez, il m'a quittée, tu es où?
Je rentre, je vais à ma soirée, tu veux pas venir? Non, suis pas en état, quel connard, il te mérite pas. Tu nous a fait la peur de notre vie, appeler comme çà, tu veux venir dormir à la maison, tu veux sortir avec moi? On n'est pas là mais on est avec toi. Coupe les ponts, vire tout son numéro, son Facebook, son Twitter, son Viber, son Skype, ne le vois plus, tu as compris.

Je gare ma voiture, je reste assise sous le déluge. Mon blackberry vibre, un texto.

"J'espère que tu es bien rentrée."

dimanche, décembre 30, 2012

Haïku instantané

Bon j'ai enfin appris à faire des Haikus, selon les règles de l'art. Donc voilà un instantané de mon après-midi!

Je vous souhaite tout le bonheur du monde.


Au Parc, dans l'allée
Canards, vacarme, plonger
Plouf! Bon bout d'année!